XIAN, DUNES DU GOBI ET MONASTERE DE BAIDAN JARAN

2018
10.10

Le Yang Tse Kiang sépare très grossièrement  Chine du Nord et du Sud. Au Nord, le bassin du Fleuve Jaune, berceau des empires chinois, et la culture du blé. Au Sud, une végétation de plus en  plus tropicale et le riz !
Notre correspondant à Xian a organisé sur quelques jours pour Zig-Zag une découverte de la Chine du Nord. Tout a commencé à Xian, une petite ville de …8 millions d’habitants ! Cette ancienne capitale impériale a (c’est rare en Chine) conservé son vieux quartier commerçant avec son bazar (ou plutôt l’a reconstruit à l’identique) habité par les Huis (une minorité musulmane)  et aussi de gigantesques remparts dignes de Tintin et le Lotus Bleu.

Xian est surtout connue pour ses armées de guerriers de terre cuite. Le 1er empereur de la Chine unifié, Qin Shi Huangdi, se fit enterrer au 3ème siècle avant J.C. avec des milliers de ses guerriers en terre cuite chargés de sa protection dans l’au-delà…La finesse des visages qui étaient tous peints à l’origine témoigne de la maîtrise des artistes !

De Xian, une nuit de train-couchette (molle) est nécessaire pour rejoindre les confins du pays et la Mongolie Intérieure…Les dynasties impériales successives depuis toujours ont tenté de contrôler ces confins du monde chinois d’où pouvait à tout moment surgir l’envahisseur nomade…Le Nord de la Mongolie Intérieure, à perte de vue, ce sont des dunes gigantesques qui s’étendent sur des centaines de kilomètres et forment le désert de Gobi, à cheval sur la Mongolie Extérieure (indépendante) et la Mongolie Intérieure (province chinoise).

Le désert de Gobi est une gigantesque frontière naturelle dont seuls les Mongols connaissent les secrets. Les caravanes de chameaux empruntaient quelques rares pistes caravanières et reliaient les oasis entre elles.

Le Gobi est un désert mais…avec de l’eau présente dans les dépressions sous forme de lacs, tantôt salés, tantôt d’eau douce…

Au cœur du Gobi, à des dizaines de kilomètres de toute ville, un monastère bouddhiste totalement isolé : Baidan Jaran. On peut le rejoindre à pied en 3 à 4 jours de marche. Les bagages suivent sur les chameaux à 2 bosses, l’intendance locale. En 2 semaines, on peut combiner la découverte du Gobi et de Baidan Jaran avec les grottes de Dunhuang à l’Ouest du Gansu. Mais en Chine, un voyage ne finit jamais, tant il y a à découvrir !

http://www.zigzag-randonnees.com/2289/gansu-et-mongolie-interieure-vers-les-dunes-de-baidan-jaran.html

DUNES ET OASIS DU SUD MAROCAIN

2018
09.13

Cet itinéraire dans le Sud marocain combine une découverte des vallées du Dadès et du Draa, de plusieurs oasis comme Boulmane et Tinehir qui est un magnifique exemple d’architecture en terre et une randonnée chamelière de 3J dans les dunes de Merzouga à l’Est de la vallée du Ziz.

I. M. a réalisé cet itinéraire il y a quelques années et a publié un récit sur son blog. Voici quelques extraits qui se rapportent à la randonnée chamelière complétés par quelques photos.!

…Arrivée vers 14H30, à priori au village de Merzouga, départ de notre randonnée chamelière, mise en place sur le dromadaire de tout notre équipement et départ à pied pour les premières dunes…

…Les premiers passages dans le sable ne sont pas évidents à négocier, c’est bien entendu mou et les pieds s’enfoncent ! celà deviendra vite épuisant, la chaleur est déjà forte ; je fais beaucoup d’efforts pour suivre les pas du chamelier, car en quelques secondes, il peut disparaître derrière ou au détour d’une dune et les traces sur le sable sont pratiquement invisibles ! Il marche à un rythme régulier sans effort alors que moi j’ai toujours l’impression de lui courir après !…

…12h, arrêt sous un gros acacia qui nous procurera une ombre appréciable (c’est le seul arbre au milieu de cette immensité de sable et de cailloux)…

Maroc1 081

…Un nomade nous rejoindra (beau visage, aux yeux  clairs, toujours souriant).Nous partagerons notre repas et discutons longuement sur sa vie de nomade (pour info un chameau est estimé entre 1500 € et 2500 €) et poursuivons par une petite sieste avant de reprendre notre marche. Le démarrage est difficile ! il fait entre 40° et 45°; je peine toujours dans le sable, cela va beaucoup mieux dès que nous marchons sur un sol rocailleux, même si çà ne ménage pas mes articulations ! un peu de souffrance physique mais quel bonheur devant ces paysages magnifiques et cette nature sauvage ;  mon guide me dira souvent une phrase simple   »’il faut remercier Dieu pour la création de cette nature si belle »…

…La fin de la journée m’a réservé une grande émotion : une petite distance d’environ 50 m me séparait du guide et du chamelier, une dune et des rochers un peu plus hauts que les autres, et tout à coup plus personne ; et plus de piste tracée, ni devant moi, ni derrière moi ; me voici prise de panique ; du sable, des roches évidemment rien pour se repérer ; je n’ai qu’une solution attendre que mon guide me rejoigne ; pour vaincre ma peur, je prends quelques photos, me désaltère, les minutes sont longues ; j’appelle « Abdou » mais ma voix est rapidement perdue dans cette immensité ; ces minutes de solitude vont me paraître une éternité et le bonheur de tout à l’heure fait place à de la peur !…

Vous pouvez retrouver tout l’article d’I.M. sur son blog:

http://belleisa.over-blog.com/article-maroc-sejour-touristique-et-randonnee-chameliere-89725379.html

Sur le site Zig-Zag ce voyage est décrit ici:

http://www.zigzag-randonnees.com/565/dunes-et-oasis-8-jours-de-octobre-a-avril.html

Du Danakil A Lalibela

2018
09.04

Il s’agit d’un de nos itinéraires en Ethiopie qui nous conduit dans le désert du Danakil: une dépression entre les hauts-plateaux éthiopiens et la Mer Rouge, un des endroits les plus chauds de la planète!

Le Danakil est sous le niveau de la mer…Inclus dans la faille du Grand Rift Africain (qui part des Grands Lacs et va via la Mer Rouge jusqu’à la Mer Morte!), il connaît une activité volcanique intense avec l’Erte Ale et le Dallol.

L’Erte Ale offre un spectacle dantesque chaque nuit: la lave incandescente bouillonne dans sa caldeira! On peut l’approcher en marchant quelques heures sur ses pentes!

Plus au Nord le Dallol est connu pour ses salines et ses curiosités géologiques: sources d’eau chaude, geysers, sculptures de souffre: les portes de l’enfer?

Un voyage, en compagnie d’une équipe Afar, dans le Danakil ne laisse personne indifférent! La meilleure période est entre novembre et mars…mais il ne faut pas craindre la chaleur!

Nous rejoignons les hauts-plateaux par Mekele: un col relie basses et hautes terres. Des caravanes de sel continuent à emprunter cette antique voie de passage et il arrive qu’on en croise!

Mekele est la capitale du Tigré: dans cette région les coptes éthiopiens ont trouvé refuge dans le passé et creusé des églises troglodytes dans des falaises inaccessibles! Certaines hébergent de très belles fresques!

http://www.zigzag-randonnees.com/1578/de-danakil-a-lalibela-12-15-jours-d-octobre-a-fin-mars.html

RETOUR D’IRAN

2018
09.01

Un petit groupe nous a envoyé un compte-rendu de son voyage en Iran sur l’itinéraire Zig-Zag « De Jardins En Oasis » en octobre. Nous publions ci-dessous leur récit et les photos: des  Lettres Persanes d’aujourd’hui!

Lundi 17 octobre : Teheran

Après une nuit et un court sommeil à l’hôtel Morvarid, nous sommes accueillis par l’agence de voyage, un guide et un chauffeur.

Visite de la ville:

  • le bazar,
  • le musée national d’art très intéressant qui anticipe Persépolis
  • notre premier kebab à midi
  • le riche musée des joyaux de la couronne
  • l’église arménienne St Sarkis

Échanges voulus et spontanés avec des hommes et des femmes iraniens. Promenade à pied vers l’hôtel.

Mardi 18 octobre : Teheran-Qom-Kashan-Abyaneh (322km)


Spectacle des taxis collectifs jaunes et verts. Départ pour Qom par l’autoroute. Visite de ce sanctuaire chiite très vénéré, avec une guide « œcuménique » fournie. Lieu de piété, nos femmes sont en robe blanche à fleurs les couvrant entièrement sauf le visage, nous sommes admis. C’est le Moharam ( fête du martyre d’Hussein).

En route pour Khasan: visite du jardin Bagh e Fin, puis de la grande maison quadjar Tabata. Dans le bazar Amin Od Dowleh, le toit accessible offre une belle vue sur la ville.

Le minibus s’engage dans une vallée transversale des monts Karkes. Nous arrivons à Abyaneh pour manger et dormir à l’hôtel Viuna.

Mercredi 19 octobre : Abyaneh-Na’in-Mesr (455 km)


Ce très vieux village « rouge » de montagne, classé par l’UNESCO est en torchis. On part vers Na’in qui possède une mosquée du 12ème siècle en brique.

Nous roulons dans le désert du Kavir jusqu’à l’oasis perdu de Mesr près de Khor pour passer la nuit dans la Guest House Kariz, très typique et jolie, cachée derrière ses murs de torchis miséreux. Le couvert y est aussi délicieux. Le ciel est étoilé.

Jeudi 20 octobre : Mesr-Bayazeh-Kharanaq (290km)


Visite de cette petite oasis ( canaux, cultures, dromadaires). Petite randonnée dans les dunes. En route découverte de l’importante oasis de Khor son irrigation, ses cultures, ses dattes, ses grenadiers.

Déjeuner à Bayaneh: repas typique « ormese e salisi » (chameau), visite de la forteresse du 17 ème siècle, en torchis. Arrivée au caravansérail restauré de Kharanaq pour y passer la nuit après un dîner frugal.

Vendredi 21 octobre : Kharanaq-Chak Chak-Yazd (90km)

On quitte ce caravansérail mieux restauré que géré . Toujours dans le désert, nous faisons un détour pour la visite incontournable du centre religieux zoroastrien de Chak Chak niché dans la montagne, plein de pèlerins. A Yazd, ville zoroastrienne, il y a la place Beheshti, sa mosquée du vendredi ses tours à vent (bagdir), sa salle des Forces renommée et ses habitants qui nous entourent…

A près un dîner à l’Arabic Fastfood, des pâtisseries et de la glaces à l’eau de rose, nous passons la nuit au bon hôtel Vali.

Samedi 22 octobre : Yazd-Bafq-Saderj Abad (120km)


Visite de Yazq: Le temple zoroastrien, les jardins du gouverneur Bagh e Doulat Abad, la fausse prison d’Alexandre avec ses échoppes handicraft. Les tours du silence, vues de loin.

En route dans le nord du désert de Luth, près de Bafq, nous partons au fond du monde à Saderj Abad pour y loger dans un gîte spartiate, sans le couvert mais bien. Un pique nique barbecue est improvisée à la belle étoile par nos accompagnants avec des denrées achetées à Bafq.

Dimanche 23 octobre : Saderj Abad-Bafq-Rafsanjan-Kermann (442km)


Très tôt dans les dunes, nous faisons une petite randonnée (1h30), avant le petit déjeuner organisé par notre staff. Nous partons pour Kerman sur une route rectiligne dans un paysage désertique et montagneux.

A Rafsanjan, dans un ancien hammam bien caché et authentique notre excellent repas perturbe la clientèle locale curieuse. Kerman est à 1800m d’altitude. Le type « baloutche »  du sud-est se fait remarquer dès le bazar. Nous nous rendons ensuite au Ganjali Khan Hammam digne d’intérêt.

Une bonne nuit au Kerman Hôtel nous attend. Il a une belle facade et des communs attrayants, mais notre chambre n’a qu’une seule prise éléctrique et un plafonnier.

Lundi 24 octobre : Kerman-Mahan-Rayan-Kerman (220 km)


En route pour Rayen (alt 2000m) pour visiter sa double citadelle sassanide. Ce village (substitut de Bam écroulé) est une oasis de montagne au pied du mont Kuhe e Hazar 4462 m enneigé.

De retour sur Mahan, nous déjeunons dans les jardins merveilleux de Bagh e Shahzade où l’eau coule à flot en cascades (12) au milieu des fleurs et des arbres centenaires (époque quadjar).Nous visitons aussi le mausolée du XV ème siècle du toujours vénéré derviche soufi Sah Nematollah Vali ( site appelé Aramgah e Shan).

Nouvelle nuit a l’hôtel Kerman.

Mardi 25 octobre : Kerman-Estahban-Shiraz

On roule vers l’Ouest. Les paysages défilent et changent: oasis, déserts, plaines, montagnes, lac asséchés, cols, plateaux cultivés. Déjeuner à Estahban, connue pour ses figues.

Arrêt au lac salé de Maharlu, avant Shiraz. Il y a encore des salins. A Shiraz, nuit au très bon hôtel Atlas.

Mercredi 26 octobre : Shiraz ( alt 1500 m)

Visite de la ville :

  • Tombeaux des poètes Haafez et Saadi
  • Moquée Vaquil
  • Bazar (tapis)
  • Jardins du palais ( quadjar) et botanique
  • Bazar encore
  • Nouvelle nuit à l’hôtel Atlas.

Jeudi 27 octobre : Shiraz-Persepolis-Ispahan (458 km)

Sur la route d’Ispahan, arrêt incontournable à Persépolis et visite de ce site majestueux de l’empire perse. Il faut avoir étudié et préparé cette visite pour l’apprécier. On y reste pour s’imprégner du lieu, avant de partir vers Naqsh-e Rostam où sont nichés à flanc de montagnes des tombeaux achéménides.

Après un déjeuner typique d’aubergines et de mouton, nous filons au Nord vers Ispaphan à 400 km.

Notre guide nous installe dans l’appartement de son frère. C’est une rare occasion de pénétrer l’intimité de la vie iranienne. Ehsan nous improvise un repas et nous fournis des matelas.

Vendredi 28 octobre : Ispahan (2 millions hab , 1752 m alt)

Visite du bazar et des ateliers de tapis, de la mosquée Jameh ( la plus ancienne d’Iran). Déjeuner dans un restaurant de quartier typique et bien bon.

Visite du palais des 40 colonnes et de ses jardins magnifique (safavides). Puis les pont Charestan 12 ème siècle, Chambi 21 arches et Khadjan à 2 étages, le plus joli. On y provoque des attroupement de curieux avides de communiquer. Très bonne dernière nuit au Safavi Hotel.

Samedi 29 octobre : Ispahan-Teheran (AIK) (400 km)


Derniers pas sur la place immense de l’Immam Khomeini, revisite du bazar et de ses tapis négociés.

Entrée au Palais Ali Kapi, puis repas dans une cantine typique du bazar. Cette fois entrée dans le Bazar e Bozorg. Nous finissions dans la cathédrale arménienne Vank et ses richesse.Café d’adieu et départ pour l’aéroport International Khomeini de Theran.

Et pour finir quelques photos, souvenirs d’un périple perse!

Bagh E Shahzade

Mosquée Vakil

S Shiraz  Jardins du palais

Naqsh-E-Rostam

LE PAYS BASSARI EN ZIG-ZAG

2018
08.31
Isolé et difficile d’accès, le pays bassari, à l’Est du Sénégal et tout proche de la Guinée Conakry, est une région peu visitée. A travers des paysages de collines (qui annoncent les reliefs du Fouta Djalon), nous partons à pied à la rencontre des Bassari, une population animiste qui a conservé ses traditions.Le parc National du Niokolo Koba borde cette zone et nous avons l’occasion d’y effectuer un safari pour admirer la faune grouillante et fascinante avant de partir se rafraîchir sur la « petite côte »…BL et sa petite famille sont partis en compagnie de Mady et son équipe explorer ce bout d’Afrique! Ils en ont rapporté un reportage photonous ont envoyé quelques photos!

Dans le parc du Niokolo Koba, protégés par la forêt-galerie!

C’est l’heure de la pause…photo!

Les pluies d’été (l’hivernage) font renaître la végétation mais compliquent la circulation

Des visiteurs inattendus!

Rencontres au village!


LE MALI ET LE SAHARA EN 2CV

2018
08.31

Bernard nous a écrit une, deux longues lettres depuis les rives du fleuve Casamance où il a jeté l’ancre…Ses bouteilles à la mer sont arrivées jusque Zig-Zag, publiées par les merveilleuses éditions « Parisagadez »: « Au volant de mes bicylindres: le Mali Récit et photographies de voyages » et « 1977-6 mois en Afrique Récit et photographies d’un voyage de 1976/77″. En route pour l’Afrique!

LE MALI EN 2CV

Nous avons déjà, sur le blog, consacré un billet au 1er livre de Bernard « Mon Acadiane en Guinée ». De 1977 à 2013, à 6 reprises, l’auteur a sillonné le Mali: en 2CV et en Acadiane sauf en 2004 où il a voyagé au pays dogon à pied puis vers Tombouctou en pinasse avec Zig-Zag…Le pays dogon alors accueillait chaque hiver depuis 1995 des randonneurs qui arrivaient sur Mopti en charter. Les vols se sont arrêtés en janvier 2011 quand la menace « djihadiste » s’est précisée.

Le chapitre sur le pays dogon et la descente du Niger en pinasse est illustré des photos de Bernard: la vie sur le fleuve, les pinasses à moteur et/ou à voile, les rues de Tombouctou, les Monts Hombori…

Revenons à nos 2CV et autres Acadianes. Son voyage de 2010 est un retour au pays dogon. Sa 2CV escalade les pistes qui relient la plaine au plateau et empruntent les quelques cols. A travers les photos de Bernard, nous découvrons l’organisation de l’espace typique des villages dogons: en bas de la falaise et des éboulis, les villages actuels, plus haut, les anciens villages et, quasi inaccessibles dans les falaises, les maisons des Tellems (les premiers habitants) qui servent de nécropole.

Mais le carnet de voyage de Bernard nous conduit aussi à Nioro et à Kayes, loin du Mali touristique, au bord d’un autre fleuve, le Sénégal, qui ici sépare la Mauritanie du Mali. Bernard a rendez-vous avec Tokhounta qui travaille dans la même entreprise que lui en région parisienne. Tokhounta l’a invité: rencontre avec un autre Mali, le Mali des Soninkés et Sarakolés qui vivent ici et constituent la majorité de l’émigration malienne en France.

En cadeau d’arrivée, Bernard reçoit un bouc promis aussitôt à la marmite. Il est accueilli dans une concession construite en béton, grâce à l’argent envoyé de France par Tokhounta. Cette région du Mali est très pauvre et isolée: la diaspora malienne, par ses envois, porte la croissnace et la modernisation. A Kersignane, à 80 km de Kayes, Bernard, un pro du bâtiement, se familiarise avec les techniques locales de construction et aussi avec les « toufas », des briques de terre crue mélangée  à de la paille.  Entre les 4 à 6 repas quotidiens auxquels il ne peut échapper (pauvres moutons!) et les visites aux parents de son hôte, il a appris un peu de soninké (Yo=oui, Aï=non) et trouvé le temps de photographier des joueurs de Uno…

6 MOIS EN AFRIQUE

Avec ses 2CV, Bernard remonte aussi le temps…jusqu’en 1977. Dans son dernier ouvrage, il nous raconte ses 6 mois de voyage à travers le Sahara et l’Afrique de l’Ouest en 1976/77: il y a 40 ans, le voyageur pouvait passer sans encombre à Oujda du Maroc à l’Algérie; le Burkina Faso s’appelait Haute-Volta; il n’y avait besoin d’aucun visa pour parcourir l’Algérie et l’Afrique de l’Ouest…

Le livre de Bernard est aussi un témoignage unique sur une épopée: des années 70 aux années 90, des milliers de jeunes européens, l’hiver venu, partaient vers le Sud avec de vieilles voitures d’occasion (dont beaucoup de Peugeot 404 et 504) et franchissaient le Sud algérien pour atteindre l’Afrique Noire…Certains ne sont jamais revenus, engloutis par le désert. Beaucoup arrivés en Afrique de l’Ouest revendaient leur véhicule et finançaient ainsi leur voyage. Bernard et ses amis, arrivés à Lomé après une première transaharienne, sont repartis plein Nord pour une 2ème transsaharienne.

Pour Bernard et ses amis, l’Afrique, en 77, est une première: ils n’imaginent pas qu’au Maroc il puisse y avoir de la neige l’hiver sur l’Atlas. Dans leur esprit, « En Afrique, il doit logiquement faire chaud ». A partir de Beni Abbès, les permières dunes rouges du Sahara surgissent. Bientôt le ruban de goudron disparaît et il il n’y a plus que des traces: ils sont sur la transsaharienne qui via Reggane, Bidon 5, Borj Mokhtar et Tessalit gagne Gao, la porte de l’Afrique Noire. Et le début de leur croisière pour Mopti. Les 2CV embarquent sur une barge, un remorqueur pousse un train de barges…Le voyage dure 6 jours de la grande dune de Gao au port de Mopti via Tombouctou et le lac Debo.

Bernard observe, note et photographie: son appereil photo ne l’a pas quitté pendant ces 6 mois. 40 ans après, les dispos de l’époque sont de splendides illustrations de cette double transaharienne.

PARIS AGADEZ

Laissez la magie opérer: ouvrez les ouvrages de Bernard et vous ne les quitterez plus avant la fin. Bernard n’a pas seulement voyagé. Il a saisi dans ses carnets toute une Afrique qu’il nous offre en partage! Il est possible de commander les ouvrages de Bernard à Zig-Zag ou en lui envoyant un mail à pedrialib@hotmail.fr

LE BOGOMILISME EN ZIG-ZAG!

2018
07.21

Cette hérésie médiévale dont le catharisme fut un écho naquit en Bulgarie au XIème siècle. Un moine bulgare, Bogomile (of course !), se révolta contre l’empereur byzantin. Il n’y a plus de bogomile en Bulgarie mais le bogomilisme est un excellent fil d’Ariane pour unvoyage au coeur des Balkans et dans le passé de la Bulgarie.

L’hérésie bogomile et son succès s’expliquent aussi par l’ »irrédentisme » bulgare face à l’occupation byzantine et à l’église orthodoxe grecque. Les « Bogomiles » menacèrent un temps Constantinople. Décimés par plusieurs vagues de persécution, certains émigrèrent en Italie et en France au XIIème siècle et furent une des origines du catharisme. Ils transmirent à ce dernier la séparation entre « Parfaits » et simples croyants. Pour Bogomile, Satanaël, depuis l’enfer, tente de « reconquérir (la terre) avec ses alliés : les rois, les prêtres, les riches, l’Eglise… » (Les Hérésies, R. Varneigem). Avec un tel programme, il n’avait pas que des amis et bien de (pauvres !) bougres finirent sur le bûcher…

Cette tradition de résistance donna, par la suite, du fil à retordre à l’empire turc, successeur de Byzance. Bref, on se penche sur le bogomilisme et c’est tout le passé de la Bulgarie et des Balkans qui se bouscule sous notre regard…

Les Bogomiles nous ont laissé très peu de traces…Ne subsiste de cette page d’histoire des Balkans que des nécropoles comme à Zalbjak au Monténégro ou au Monténégro.

Nous avons réalisé à plusieurs reprises  un voyage qui associe une découverte culturelle complète (plusieurs conférences avec d’éminents spécialistes sont prévues) de la Bulgarie et des Balkans à pied. Ce voyage est  résolument tourné vers l’histoire bulgare dont les témoignages architecturaux et artistiques agrémenteront notre périple.

Nous passons aussi 6 jours en Macédoine qui fut un haut lieu du bogomilisme.Les montagnes macédoniennes n’ont rien à envier à leurs voisines bulgares ou grecques. Les sommets Pelister (2600 m) et Galitchisa (2200 m) dominent les 2 très beaux lacs de montagne d’Ohrid et Prespa frontaliers avec l’Albanie (et aussi la Grèce pour le dernier). C’est au bord du lac d’Ohrid que Cyrille et Méthode, 2 moines byzantins, ont inventé l’écriture cyrillique au milieu du 9ème siècle. Ils n’avaient pas choisi ses rives au hasard : au cœur des Balkans slaves, ils étaient aussi proche de Byzance à laquelle la Via Egniatia (de Durres en Albanie à Thessalonique via la vallée du Drinn noir et le lac d’Ohrid) les reliait. Leurs disciples Clément et Naum ont fait d’Ohrid un foyer majeur de culture byzantine et aussi d’art.

Les témoignages architecturaux et picturaux de ce riche passé abondent : églises St Clément et Ste Sophie à Ohrid, St-Sauveur à Skopje, ex-monastères de St Naum et St-Pantelemion, magnifiques monastères de Treskavec à Prilep ou de St Jean Bigorski près de  Galicnic. Les fresques et icônes médiévales, notamment des XI et XII ème siècles, méritent à elles seules le voyage !

DE LAMAYURU A LA VALLEE DE LA MARKHA 22J

2018
07.04

« Treize jours de trek sur un séjour de 3 semaines…un vrai bonheur !!!! « J.C.G. nous a envoyé un reportage sur un trek au Ladakh-Zanskar, dans l’Himalaya indien. Depuis quelques semaines, le visa indien est devenu un e-visa qu’on remplit sur internet: les formalités sont simplifiées!

Les jours de marche se suivent sans pour autant blazer notre petit groupe de 5 personnes. Un monde minéral traversé par un Zanskar tumultueux, si sauvage que l’idée même qu’il puisse geler en hiver ne pouvait que nous laisser dubitatif !!! Au cours de ce trek, nous avons traversé quelques villages d’un autre âge. Nous découvrons des habitants qui s’accaparent au travail des champs….l’hiver approche. Le spectacle des moissons est au rendez-vous : pas de mécanisation, un travail manuel harassant, lent, mais qui ne peut que ravir tous nos sens !!!!
On ne peux également évoquer le Ladakh sans parler de l’omniprésence du bouddhisme qui nous accompagne tout au long du parcours. Nous découvrons ainsi les monastères de Hémis et de Thiksi et ceux moins connus de petits villages où il faut parfois être vigilant pour en voir les pierres se dessiner au flanc des montagnes !!! Je pourrais également vous décrire les nombreux « Manis » et autres « Shortens » au bords des chemins de pierres….mais le mieux encore, c’est peut-être, que vous alliez les découvrir par vous-même….bon voyage !!!!

« La caravane », photo prise le 12 septembre à 10h54. La montée vers le col de Tsokstsi Fueela (5350 m) se fait à pas lents !!! Nous sommes, en fin de matinée, rattrapés par notre caravane ….Autour de nous, montagnes majestueuses….neiges éternelles….aucuns doutes : nous sommes au bout du monde !!!

« Descente vers Shango », photo prise le 12 septembre à 13h59. Le col de Tsoksi Fueela vient d’être franchi !!! Notre petit groupe amorce sa descente jusqu’au campement de Shango.

« La fileuse », photo prise le 16 septembre à 12h00 Au matin du 16 septembre, nous quittons le campement de Thachungtse (4045 m) pour nous rendre au campement de Nimaling (4840 m). Quelle surprise que cette rencontre à plus de 4000 m d’altitude, une femme ladakhi en train de filer la laine tout en marchant !!!

« La jeune mère et son enfant », photo prise le 17 septembre à 09h56. C’est au col de Kongmaru (5250 m) que nous rencontrons une autre caravane, des ladhakis pressés de rejoindre la capitale, Leh. Au passage de celle-ci, une jeune maman est alors descendu de son cheval, a recouvert son enfant de couvertures pour ensuite franchir en toute sécurité le passage entre les deux cols.

Panoramique pris le 12 septembre à 11h07 Photo prise à proximité du col de Tsoksti Fueela à 5350 m.

Panoramique pris le 17septembre à 09h13 Panorama des montagnes vu au col de Kongmaru (5250 m).

Vous pouvez retrouver sur notre site nos randonnées dans l’Himalaya indien:

http://www.zigzag-randonnees.com/737/ladakh.html

BY BIKE ENGLAND

2018
06.23

England twist again (and ever): nos (trop charitables) lecteurs nous pardonneront ces jeux de mots (lets) mais comment mieux introduire ce tour de Grande-Bretagne avec une petite reine, twister: 12 kilos, pliante et passe-partout. Petites routes de campagne ou  trains et bus de Londres et des grandes agglomérations, elle se glisse partout… Stevenson dans les années 1880 traversait les Cévennes avec sa fidèle compagne, Modestine (un nom à l’opposé de son caractère), chargée de l’intendance. Vincent Granouillac lui a twisté sur les routes anglaises, du Sussex à l’Ecosse, du Pays de Galles au Cumberland. Twister a transporté tous ses bagages pendant son périple.

Au retour (pour le festival du lent voyageur sur le Larzac), il a rassemblé ses souvenirs dans un ouvrage: « Pyrénées-Highlands Le Tour de la Grande-Bretagne à vélo pliant« . Un récit de voyage mais aussi une excellente géographie de la Grande-Bretagne, si proche et si méconnue…

On the road

La principale difficulté n’est pas la météo mais l’encombrement des routes, en particulier autour des grandes agglomérations…Il faut ruser et privilégier les petites routes grâce auxquelles l’auteur découvre tous les charmes de la campagne anglaise. A Alderley Edge, au Nord du Pays de Galles, on s’attend à rencontre Merlin et quelque fée. Plus au Nord, vers Alston, Vincent nous conduit jusqu’aux ruines du mur d’Hadrien construit au 2ème siècle après J.C. par les Romains pour se protéger des invasions barbares (des Pictes ancêtres des Ecossais).

Skye and Scotland

Ultime étape septentrionale de son voyage, l’Ecosse et l’île de Skye. Les plages de Balnakel ou les côtes dentelées de Skye offrent au voyageur une lumière toujours plus changeante qui va se perdre au large…De vieux châteaux veillent sur les clans et leurs descendants: à Eilean Donan, au bord du loch, Highlander s’apprête à livrer sa dernière bataille… Un relief plus prononcé pousse le voyageur vers les sommets, comme le Clamaig, le sommet de Skye, avec vue panoramique sur l’océan en récompense.

Read and bike


Ou bike and read! Nous vous recommandons la lecture du livre de Vincent Granouillac (qui en d’autres temps a accompagné des groupes Zig-Zag au Sahara et dans l’Himalaya) avant ou après un voyage: laissez-vous guider vers une autre Grande-Bretagne…Grâce aux cartes d’Anaïs Belchun, son suit Vincent pas-à-pas.Vous pouvez  commander le livre (29 €) à l’auteur Rue Carrero 31160 Cabanac-Cazaux (v.granou@free.fr) ou à Zig-Zag!

DES MONTAGNES AU DESERT: TRAVERSEE NORD SUD DE L’ATLAS

2018
05.04

Dans la région d’Azilal, à l’Est de Marrakech,   le Haut Atlas Central atteint sa plus grande ampleur. Du Nord au Sud, 6 chaînes (orientées Est-Ouest) se succèdent sur une centaine de kilomètres. Barres et dents culminent entre 3 000 et 4 000m verrouillant l’accès au Sahara. Les principaux sommets de la chaîne, le djebel Azourki (3 690 m), le djebel Tiguousli (3 825 m) et le djebel M’Goun (4 060 m) soulignent le caractère alpin de ces montagnes couvertes de neige plusieurs mois dans l’année.

LES AIT BOUGMEZ

Notre randonnée commence dans les environs d’Azilal et nous conduit dans les gorges du Dadès, aux portes du désert : nous associons ainsi hauts-plateaux de l’Atlas et oasis de la vallée du Draa, villages aux maisons fortifiées (les tirghermts) en terre du Nord et palmeraies riantes du Sud aux kasbahs centenaires…

Les Aït Bougmez, une vallée d’altitude, au Nord du M’Goun est notre point de départ. Des dizaines de villages se succèdent dans cette haute vallée, le plus souvent construits sur ses bords pour ne pas empiéter sur les cultures. Jusqu’il y a peu les berbères des Aït Bougmez vivaient en autarcie: céréales, arbres fruitiers et élevage étaient à la base d’un mode de vie très frugal! Mais quand plusieurs mois de l’année, l’hiver, on était à des jours de marche de la plaine, il valait mieux s’organiser…

LA MONTEE DU M’GOUN

Tous les villages des Ait Bougmez se caractérisent par leur architecture en terre qui n’a pas changé depuis des siècles. Les murs sont des assemblages de grandes briques de terre fabriquées à partir d’un coffrage en bois.  Aujourd’hui, les mulets sont toujours l’animal-roi (trait et transport) mais la route arrive dans les Aït Bougmez avec l’électricité et les paraboles…Dans les villages des gîtes se sont construits.

Mais dès qu’on s’éloigne de la vallée des Aït Bougmez, la nature reprend ses droits…Et le soir il faut camper, le plus souvent à côté de bergeries!

L’ascension du M’Goun est une très longue étape de crète à travers des paysages minéraux. A ne faire que par beau temps (ne pas oublier qu’on atteint les 4000m)!

DES GORGES DU M’GOUN AUX PORTES DU DESERT

Après le M’Goun, on bascule sur le versant Sud de l’Atlas. La végétation se fait plus rare. Arrivés dans les gorges du M’Goun, il faut marcher dans l’eau. Si le niveau est trop élevé, l’itinéraire est modifié et on emprunte alors les plateaux.

Par endroits, les gorges ne mesurent que quelques mètres de large: un gigantesque coup d’épée qui entaille sur plusieurs centaines de mètres les reliefs du Sud du Haut Atlas Central.

Au débouché des gorges, on atteint la vallée des roses et Qalaat El Gouna: le Sahara est proche! La montagne cède le pas au désert! Les caravanes qui traversaient le Sahara jusque Tombouctou et le fleuve Niger se formaient ici!

Toutes les photos de ce petit reportage sont de P. C. qui avec ses amis a accompli la randonnée « Traversée Nord-Sud De L’Atlas » en septembre 2016. Cet itinéraire est sur notre site:  http://www.zigzag-randonnees.com/2123/traversee-nord-sud-de-l-atlas-des-montagnes-au-desert-15-jours-avril-a-octobre.html